Bukavu : « Mal gérer ses déchets, c’est de la sorcellerie » (Emission publique)

Spread the love

La ville de Bukavu continue de vibrer au rythme de la campagne Mois Vert. Le dimanche 22 mars, les habitants de la commune de Kadutu ont échangé avec des autorités, des scientifiques et des techniciens sur la problématique de l’assainissement urbain.

Lire aussi: Émission publique Mois vert à Bukavu :entre espoir et défis, le “Mois vert” commence à changer les habitude

Cette rencontre a pris la forme d’une émission publique organisée par le pôle média de la campagne au stadium de Buholo 4. De nombreux citoyens venus des différentes avenues de Kadutu ont répondu présent. L’événement était retransmis en direct sur trois radios partenaires : Radio Maendeleo (88.8 FM), Radio Svein (89.3 FM) et La Prunelle (100.0 FM).

Mal gérer ses déchets, c’est de la sorcellerie

Le thème de l’émission, « Gestion des déchets et responsabilité citoyenne », a suscité des débats passionnés. Selon les intervenants, la ville de Bukavu est saturée. Construite sur des collines, elle voit ses déchets se déverser dans les ravins et vers le lac Kivu situé en aval, dégradant l’écosystème de celle que l’on appelait jadis « Bukavu la verte ». Des études indiquent que plus d’un million de tonnes de déchets sont produits chaque jour, sans gestion appropriée.

L’intervenant Miso Kabare a marqué les esprits en utilisant une métaphore forte :

« Mal gérer ses déchets, c’est de la sorcellerie ».

S’appuyant sur les textes sacrés, il a rappelé :

« L’Éternel Dieu prit l’homme, et le plaça dans le jardin d’Éden pour le cultiver et pour le garder » (Genèse 2:15), exhortant les habitants à ne pas souiller leur environnement :

« Vous ne souillerez point le pays où vous êtes […] au milieu duquel j’habiterai » (Nombres 35:33-34).

De son côté, Madeleine Bwenge a insisté sur la conscientisation :

« Pour sauver Bukavu, il faut une gestion responsable. Tout commence par le tri sélectif au niveau des ménages. Une fois triés, les déchets peuvent être recyclés ou transformés, créant ainsi de la valeur économique pour ceux qui se lancent dans l’entrepreneuriat vert. »

Un engouement citoyen salué

Thomas Jenatsch, directeur de la Coopération Suisse, s’est dit impressionné par l’engagement des Bukaviens :

« Ce Mois Vert prouve que si une coordination existe entre les acteurs, les choses peuvent changer. Cette campagne est le fruit d’un travail collectif. »

Marie-Louise, chargée de programmes au sein de la DDC, a précisé la nature de l’initiative : « Le Mois Vert n’est pas un projet à durée déterminée, mais une dynamique de réflexion pour inciter à la protection de l’environnement. Nous prévoyons une émission d’évaluation sur Radio Maendeleo ainsi qu’une foire des idées innovantes le jeudi 26 mars. »

Engagement communautaire : Kadutu veut montrer l’exemple

À l’issue de l’émission, les habitants, conscients des dangers sanitaires, se sont engagés à participer activement au Salongo chaque samedi.

Alain Mutiki, président de la société civile de Kadutu, a promis de poursuivre la mobilisation : « Je vous demande de travailler au bénéfice de l’environnement. Plantons des arbres, entretenons-les et protégeons-les. Évitons d’installer des marchés partout et adhérez aux associations de ramassage pour rendre notre milieu propre. »

Enfin, concernant les infrastructures, les autorités urbaines ont précisé que le dépotoir d’ELAKAT avait été fermé au profit d’un nouveau site d’évacuation situé à Mumosho, venant renforcer le réseau des dépotoirs privés existants.

Vous pouvez suivre l’intégralité de cette émission publique sur youtube:


En savoir plus sur Mkulima Média

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!

En savoir plus sur Mkulima Média

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture