Sud-Kivu : « Vous avez fait de moi une poubelle à ordures », crie Bukavu lors d’un procès fictif

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Le Procès de la poubelle », tel est le titre du spectacle d’humour qui s’est produit le samedi 21 mars 2026 à l’espace Comédie Club de Bukavu.​Cette initiative entre dans le cadre des activités du « Mois Vert », appuyées par la Coopération Suisse en République Démocratique du Congo, dans le but de lutter contre la destruction de l’environnement.

​« Au commencement, j’étais calme, belle. Je me suis mise à hurler, crier sans espoir. Vous avez fait de moi une poubelle à ordures. Alors je me suis vengée, j’ai pris Mamy, j’ai avalé Christian, j’ai étranglé Marie en criant « la Vierge Marie » ; Moïse, je l’ai pris par le cou lui demandant de montrer son bâton, mais cette fois il n’avait rien, je l’ai emporté sans pitié », s’est réjouie Madame la Catastrophe.

 À travers ce rôle, l’actrice Patricia Kamoso a révélé la souffrance que causent les catastrophes naturelles qui surviennent suite à la mauvaise gestion des déchets et à la destruction de l’environnement dans la ville de Bukavu.​

« À quoi sert la poubelle dans un pays où la concurrence est déloyale avec la présence des caniveaux comme concurrents ? Nul n’est poubelle dans son propre quartier, à part Point-Point, Ruzizi, Musigiko »,

a lancé pour sa part Espoir Bulangalire, interprétant le rôle du lac Kivu pollué par des déchets venus des différentes avenues de la ville.​

À travers cette interprétation, l’artiste a interpellé de manière comique les habitants qui choisissent de jeter leurs déchets dans des ravins et des canaux d’évacuation d’eaux au lieu d’utiliser une poubelle.​

Représentant les évaluateurs des déchets, les artistes Gloire Taylor et Crispin de Mars ont démontré l’approche sociologique de la gestion des détritus. Chez les riches comme chez les pauvres, la mentalité est devenue la même, soulignant que « les riches sont devenus des pollueurs-payeurs au détriment de la nature ».​

Au cours de ce spectacle, il a été démontré que les crimes de mauvaise gestion des déchets profitent aussi à certains malades mentaux qui prennent plaisir à transformer des dépotoirs mal gérés en maisons d’habitation. Dans son rôle de malade mental se régalant sur une poubelle ornée de déchets, Joyeux Bin Kabodjo s’est réjoui de voir que les habitants de Bukavu n’ont pas encore adopté la culture du recyclage, allant jusqu’à jeter à la poubelle des documents de valeur.​

Après avoir suivi ce spectacle, les participants ont encouragé l’initiative de la Coopération Suisse et les acteurs qui se sont démarqués sur scène.​

« C’était vraiment bon et je félicite les acteurs pour cette production. Je sollicite qu’à la prochaine occasion, on insiste plus sur l’impact des bouteilles sur le lac Kivu. Que le spectacle soit également produit en swahili pour un plus large public »,

a réagi Deogratias Chubaka, journaliste environnemental.​

« C’était bon, j’ai aimé. C’est mieux aussi de rendre ce spectacle itinérant pour toucher plus de monde et voir comment le produire en swahili », a ajouté Douce Namwezi, opératrice culturelle.

​« Je n’ai pas vu la place de la poubelle dans le spectacle. Au final, tout le monde est coupable, même la poubelle elle-même. Il serait mieux de chercher la véritable place de la poubelle dans le spectacle »,

a commenté M. Valérie après la représentation.

​Un jeune étudiant, habitant l’avenue périphérique de la place de l’Indépendance un lieu connu pour les dégâts humains et matériels liés aux inondations voit en ce « Procès de la poubelle » une opportunité de sensibilisation pour une meilleure gestion des déchets à Bukavu afin de lutter contre les catastrophes naturelles.​

« C’est avec les larmes aux yeux et beaucoup d’émotion que j’ai suivi ce spectacle. Je vis sur l’avenue Georges de Four et je sais ce que l’on ressent quand on voit les eaux emporter des personnes et des véhicules. Ce spectacle est une véritable interpellation. »

​Lors des échanges conduits par Thomas Jenatsch, les spectateurs ont émis le vœu de voir ce numéro être produit dans des espaces plus larges et même dans d’autres villes du pays pour sensibiliser à une gestion responsable des déchets, qui reste un défi majeur en RDC.​

Rédaction


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