La dégradation des paysages forestiers et agricoles dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC) ne relève pas uniquement d’une crise écologique ; elle découle fondamentalement d’une crise économique et d’une défaillance des incitations de marché. Historiquement, les initiatives de Restauration des Paysages Forestiers (RPF) ont échoué par excès de centralisation ou par dépendance chronique envers l’aide internationale et les financements de projets à court terme. Dès que les subventions s’arrêtent, la pression anthropique sur le paysage reprend, faute d’alternatives viables pour les communautés locales.
Pour inverser cette tendance, la restauration doit cesser d’être perçue comme un coût ou une obligation morale pour devenir une activité économique de premier choix, intégrée à la transition mondiale vers une bioéconomie circulaire. L’accès aux marchés régionaux (notamment au sein de l’East African Community – EAC) et internationaux pour des produits durables constitue le levier de viabilité à long terme.
Cependant, connecter un paysage dégradé à un marché compétitif exige de surmonter plusieurs barrières structurelles : les flux de trésorerie initiaux négatifs inhérents à la croissance des arbres, l’absence de traçabilité, les barrières non tarifaires aux frontières et le manque de capacités de transformation locale. Le défi d’EKAGRI consiste donc à structurer des chaînes de valeur qui valorisent la biomasse restaurée tout en sécurisant l’approvisionnement en eau, la biodiversité et la résilience climatique des écosystèmes, les droits humains et l’environnement politique et entrepreneurial.
Toute la strategie est disponible sur www.ekagri.org
En savoir plus sur Mkulima Média
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

